Cet article est basé sur une synthèse et un croisement d’informations issues de sources publiques fiables. Il a une vocation informatif et pédagogique et ne constitue pas un conseil financier personnalisé. Les investissements comportent des risques de perte en capital. En cas de doute, il est recommandé de consulter un professionnel qualifié.
Oui, Trade Republic est disponible en France. Mieux encore : depuis le 9 janvier 2025, la fintech allemande dispose d’une véritable succursale bancaire française. Elle ne se contente plus d’opérer depuis l’Allemagne sous licence européenne. Elle est désormais implantée dans l’Hexagone avec un cadre réglementaire local et des services adaptés au marché français.

Cette évolution change concrètement la donne pour les investisseurs particuliers français.
De néocourtier européen à banque en ligne en France
Fondée à Berlin, Trade Republic s’est imposée en quelques années comme l’un des principaux néocourtiers en Europe. La plateforme est lancée en France en 2021. Elle revendique aujourd’hui plus d’un million de clients dans l’Hexagone, sur un total de plus de huit millions en Europe, pour environ 100 milliards d’euros d’encours.
Initialement, les clients français investissaient via une structure allemande. La société disposait d’une licence bancaire en Allemagne, supervisée par la Bundesanstalt für Finanzdienstleistungsaufsicht (BaFin). Cette régulation est un gage de sérieux, mais si vous vous demandez concrètement si Trade Republic est fiable et sécurisé sur le long terme, sachez que la plateforme est désormais l’une des mieux encadrées d’Europe.
Depuis janvier 2025, la situation a évolué : Trade Republic a ouvert une succursale bancaire en France. Elle devient ainsi une banque en ligne à part entière pour les clients français.
Cette implantation locale marque une étape stratégique. Elle renforce la crédibilité de la fintech sur son deuxième marché européen après l’Allemagne.
Une régulation française complète
Avec cette succursale, Trade Republic opère désormais sous la supervision des autorités françaises compétentes :
- l’Autorité de Contrôle Prudentiel et de Résolution (ACPR), adossée à la Banque de France ;
- l’Autorité des Marchés Financiers (AMF) pour les activités d’investissement.
Les comptes ouverts via la succursale française sont donc encadrés par le droit bancaire et financier français. Pour les épargnants, cet ancrage local apporte une bonne lisibilité et un cadre de protection familier.
La maison mère, Trade Republic Bank GmbH, reste basée à Berlin. Certains services, notamment liés à la conservation de crypto-actifs, continuent d’être opérés depuis l’Allemagne. Mais les services bancaires associés à l’IBAN français relèvent directement de la succursale française.
Un IBAN français et un compte courant rémunéré
L’un des changements majeurs concerne l’IBAN. Les nouveaux clients français obtiennent désormais un IBAN français, et les anciens utilisateurs migrent progressivement vers cette nouvelle structure. Bien que la migration soit simplifiée, certains utilisateurs peuvent rencontrer des difficultés d’accès. Si votre compte Trade Republic est bloqué, voici la marche à suivre pour récupérer l’accès à vos fonds rapidement.
Ce point est loin d’être anecdotique. Un IBAN français facilite :
- la domiciliation de salaire ;
- le paiement de factures ;
- les virements entrants et sortants sans friction ;
- l’intégration avec les services administratifs ou fiscaux français.
Trade Republic propose également un compte courant rémunéré. Les liquidités déposées sont rémunérées au taux de la Banque centrale européenne, sans plafond de montant selon la communication de la société.
La référence implicite est le taux directeur fixé par la Banque centrale européenne (BCE). Dans un contexte de remontée des taux ces dernières années, cette rémunération a constitué un argument commercial fort. La fintech affirme avoir versé plus d’un milliard d’euros d’intérêts aux particuliers en Europe sur une période de 18 mois.
Pour un investisseur français habitué à des comptes courants non rémunérés, la proposition est attractive, même si elle reste dépendante de l’évolution de la politique monétaire européenne.
Le lancement du PEA chez Trade Republic
Le PEA est un produit emblématique du marché français. Il permet, sous conditions de durée de détention, de bénéficier d’une exonération d’impôt sur les plus-values (hors prélèvements sociaux). Jusqu’ici, l’absence de PEA constituait un frein pour certains investisseurs particuliers attachés à l’optimisation fiscale.

Avec l’ouverture d’un PEA, Trade Republic s’aligne davantage sur les standards des courtiers et banques en ligne traditionnels opérant en France.
La fintech met en avant ses plans d’épargne programmés sans frais de courtage. Cette approche s’inscrit dans sa stratégie de démocratisation de l’investissement : automatiser l’épargne, réduire les coûts et simplifier l’accès aux marchés financiers.
Pour un investisseur francophone, notamment en France, la combinaison PEA + compte courant rémunéré est un positionnement hybride entre banque en ligne et courtier.
Une présence physique en France
La succursale française de Trade Republic est enregistrée à Paris, au 75 boulevard Haussmann. Cette présence administrative ne signifie pas un réseau d’agences physiques ouvertes au public, mais elle formalise l’ancrage juridique de l’établissement sur le territoire français.
Les dirigeants restent ceux du siège berlinois, notamment Andreas Torner, Gernot Mittendorfer, Christian Hecker et Thomas Pischke.
Cette organisation illustre le modèle européen de la fintech : une base centrale en Allemagne, avec des succursales locales pour répondre aux exigences réglementaires et commerciales de chaque marché clé.
Trade Republic en France : pour qui ?
Trade Republic s’adresse avant tout :
- aux investisseurs particuliers autonomes ;
- aux jeunes actifs sensibles aux frais réduits ;
- aux épargnants souhaitant automatiser leur investissement ;
- aux utilisateurs à l’aise avec une application mobile comme interface principale.
Le succès de la plateforme pendant les années Covid a reposé sur l’essor du trading sur smartphone. Depuis, la société élargit son positionnement vers une offre plus complète, proche d’une banque en ligne classique.
Pour le marché français et francophone, la question n’est donc plus de savoir si Trade Republic est disponible. Elle l’est pleinement. La véritable interrogation porte désormais sur son positionnement face aux banques en ligne françaises historiques et aux autres néobanques.
Ce que cela change pour les investisseurs français
L’ouverture d’une succursale bancaire française transforme la relation contractuelle. Les clients ne sont plus simplement rattachés à une structure allemande opérant en libre prestation de services. Ils disposent d’un établissement local, supervisé par les autorités françaises.
Cela peut avoir plusieurs implications :
- une meilleure acceptation des IBAN dans les démarches administratives ;
- un cadre réglementaire plus lisible pour les épargnants ;
- une perception accrue de sécurité juridique.
Sur le plan concurrentiel, Trade Republic se place désormais frontalement face aux acteurs français du courtage et de la banque en ligne. Son modèle repose sur la compression des coûts, la digitalisation intégrale et une promesse de rémunération attractive des liquidités.
Pour les investisseurs francophones hors de France, la disponibilité dépend toujours du pays de résidence et du cadre réglementaire local. En revanche, pour la France, la réponse est claire : Trade Republic est non seulement accessible, mais officiellement implantée.
Trade Republic est disponible en France, dispose d’une succursale bancaire locale depuis janvier 2025, propose un IBAN français, un compte courant rémunéré au taux de la BCE et un PEA conforme au cadre fiscal français. Pour un investisseur particulier à la recherche d’une solution digitale à faibles frais, la fintech allemande s’est désormais pleinement intégrée au paysage bancaire et financier français.
Source : Trade Republic I Media Les Echos